Le numéro du National Geographic de décembre contient une histoire sur la randonnée « Out of Eden ». L'article — Bénie, maudite, revendiquée : à pied à travers la terre sainte— décrit les origines profondes des conflits pour la possession du territoire le plus disputé au monde. Illustré par John Stanmeyer, il parcourt les routes jordaniennes de l'encens, les banlieues israéliennes en béton et les tristes postes de contrôle de la Cisjordanie. Il offre une vue piétonne du croissant fertile, « un coin d'exil, de sacrifice. Et de dieux jaloux. »
La semaine prochaine, nous continuons notre marche à travers l'Anatolie.
Jérusalem n'est pas une ville en guerre. Avner Goren insiste sur ce point. À pied sous un ciel matinal sans nuages, nous suivons dans le Levant un torrent d'eaux usées bouillonnantes qui proviennent de l'est de Jérusalem — 45 000 mètres cubes par jour m'informe Goren — un égout nauséabond qui s'écoule pendant 37 km jusqu'à la mer Morte. Nous suivons l'effluent en une sorte de pèlerinage. C'est l'idée de Goren, un des plus importants archéologues d'Israël : « il y a eu 700 conflits depuis la fondation de Jérusalem » lance-t-il par-dessus son épaule tout en se frayant un passage à travers la foule des touristes religieux de la vieille ville. « Mais il y a eu aussi de longues périodes sans guerre. Et les gens vivaient en paix côte à côte.
Nous sommes trois. Goren né à Jérusalem est un intellectuel juif aux yeux bleus, limpides et rêveurs, Bassam Almohor, un ami palestinien, photographe et randonneur infatigable, originaire de Cisjordanie. Je les ai rejoint après avoir randonné pendant 381 jours depuis le berceau biologique de l'humanité dans la vallée du grand rift en Éthiopie, jusque dans le croissant fertile et l'invention de l'agriculture, de l'écriture, et le lieu de naissance du monothéisme. Mon lent progrès pédestre appelé l' « Out of Eden walk » cherche à retracer pas à pas, les pérégrinations de nos ancêtres de l'âge de pierre qui partirent à la découverte de la planète. Je projette de randonner pendant sept ans jusqu'au coin le plus reculé conquis par notre espèce : la pointe à l'extrême-sud de l'Amérique du Sud.
Quand j'ai décrit mon itinéraire à Goren, il a répondu : « Oui, tu viens du Sud comme Abraham. » Notre marche le long des l'égouts — la grande idée de Goren — est aussi excentrique qu'irrésistible : Il veut assainir les eaux usées ( l'Allemagne a promis son aide pour une station d'épuration ) et établir des kilomètres de sentiers « verts » dans la célèbre vallée qui vit, il y a 5 000 ans, la naissance de Jérusalem. Ces pistes pédestres se déploieraient du cœur spirituel de la vieille ville vers le désert biblique où la pollution croupit sous le soleil ardent. Comme l'effluent passe la frontière entre la Cisjordanie et Israël, ce chemin serait un pont entre les Palestiniens et les Israéliens. La rivière purifiée, recueillant dans son bassin aride le sacré et le profane, aiderait à établir la paix entre ces deux pires ennemis du Moyen-Orient.
« Ce pèlerinage sera different pour plusieurs raisons, » dit Goren. « Il est vrai qu'il suit un trajet religieux et culturel important, mais il relie aussi concrètement les Palestiniens et les Israéliens. Et bien entendu, il y aura l'eau propre.
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